Une étude de l’Institut économique de Montréal (IEDM) conclut que l’achat local ne serait pas aussi bon que prétendu pour l’environnement. L'IEDM semble conclure, entre autres, que l'agriculture industrielle serait beaucoup plus efficace en terme d'utilisation des terres et "intrants" (eau, machinerie, fertilisants, etc.)
Un résumé de l'étude est accessible à : http://www.iedm.org/uploaded/pdf/note0210_fr.pdf
Mme Cécile Gladel répond à plusieurs arguments des auteurs sur son blogue :
http://cecilegladel.wordpress.com/2010/02/19/lachat-local-est-bel-et-bien-une-solution-pour-lenvironnement/
J'aimerais ajouter que j'ai sursauté à cette phrase : "un hectare de terre californienne donne plus de 50 000 kg de fraises, en comparaison de 7000 à 10 000 en Ontario." Ça ne vous inquiète pas, vous, qu'on puisse faire produire à la terre 5 à 7 fois plus aux USA qu'au Canada ? Moi oui ! À force de presser un citron (pensez aux employés ou aux autos !) celui-ci finit par tomber en panne ou faire une dépression, et il n'est plus du tout productif pour une très très longue période de temps...
Un des rares points où je joins un peu la pensée des auteurs du rapport est que l'achat local devrait être l'un des outils utilisés dans une perspective globale, pas devenir une politique coercitive.
Pour terminer, l'argument de la division des achats locaux qui génèrent beaucoup de gaz à effet de serres est vraiment mal cerné. Parce que les tenants de l'achat local dans une perspective écologique font souvent leurs achats à vélo ou à pied, ont des voitures à faible consommation, planifient leurs déplacements, et SURTOUT questionnent et/ou limitent leur consommation générale. Tandis que les tenants de l'achat à bas prix (industriel et/ou importé) vont faire plusieurs magasins ou de longues distances dans une grosse voiture pour trouver le gogosse en spécial et font beaucoup plus d'achat inutile.
Blog pour parler d'écologie et de développement durable - ce qui peut inclure mes réflexions et divagations sur le rêve d'un monde meilleur. Informations pratiques et si possibles vérifiables. Optimisme incontrôlable, balancé par mon besoin d'équilibre.
lundi 22 février 2010
mardi 9 février 2010
Trafic
Ce soir, prise dans le trafic, congestion monstre (environ 1h30 pour faire 5 kilomètres). J'étais dans ma voiture, entourée de tous ces gens "pognés dans l'trafic" comme moi, la plupart seuls dans leur voiture, comme moi.
J'ai une bonne raison d'être seule dans ma voiture, je travaille souvent depuis la maison, mes horaires sont variables, et je dois me déplacer quelques fois chez des clients. L'avantage de ce type d'horaire est que je réussis à éviter assez souvent les heures de pointes. Mais tous ces autres, qui vont et viennent à peu près aux mêmes heures, par milliers avec leurs semblables, comment font-ils pour faire ça tous les jours ? Deux, trois heures chaque jour ?
Puis j'ai repensé à ce sondage qui m'avait beaucoup déprimée, où les personnes sondées disaient préférer le trafic au ménage. S'ils préfèrent 1 heure à avancer à pas de tortue qu'à 1 heure de ménage, pas étonnant qu'ils aiment mieux être seuls dans leur auto que d'être dans un autobus avec des inconnus qui les dérangent.
On n'est donc pas sortis de la congestion avec ce réflexe des conducteurs québécois. Et puis, si moi je me trouve de bonnes raisons pour ne pas pouvoir prendre l'autobus ou co-voiturer, je suppose que tous ceux qui m'entourent eux aussi se trouvent de bonnes raisons !
J'ai une bonne raison d'être seule dans ma voiture, je travaille souvent depuis la maison, mes horaires sont variables, et je dois me déplacer quelques fois chez des clients. L'avantage de ce type d'horaire est que je réussis à éviter assez souvent les heures de pointes. Mais tous ces autres, qui vont et viennent à peu près aux mêmes heures, par milliers avec leurs semblables, comment font-ils pour faire ça tous les jours ? Deux, trois heures chaque jour ?
Puis j'ai repensé à ce sondage qui m'avait beaucoup déprimée, où les personnes sondées disaient préférer le trafic au ménage. S'ils préfèrent 1 heure à avancer à pas de tortue qu'à 1 heure de ménage, pas étonnant qu'ils aiment mieux être seuls dans leur auto que d'être dans un autobus avec des inconnus qui les dérangent.
On n'est donc pas sortis de la congestion avec ce réflexe des conducteurs québécois. Et puis, si moi je me trouve de bonnes raisons pour ne pas pouvoir prendre l'autobus ou co-voiturer, je suppose que tous ceux qui m'entourent eux aussi se trouvent de bonnes raisons !
dimanche 7 février 2010
Choix de société, un beau rappel
Jean-François Lisée, dans son blogue du 6 décembre dernier (je viens de faire le lien avec les 20 ans du drame de Polytechnique) fait un beau constat de nos choix de société, qui semblent très discutables selon certains.
Il rappelle avec justesse et humour que si nous avons effectivement de sérieuses questions à nous poser sur la balance entre nos choix et nos moyens de nous les offrir, on oublie que ces choix nous ont également apporté beaucoup. Voici un extrait que j'aime beaucoup :
"La droite exhibe à tous vents des palmarès économiques où le Québec fait figure de médiocre, de Tiers-Monde de l’Amérique du nord, de trainards paresseux dépendants d’un État obèse. Obnubilés par les chiffres du produit intérieur brut, elle fait toujours l’impasse sur la réalité sociale.
Que le Québec soit la nation nord-américaine avec le niveau le plus faible d’inégalité sociale, que son taux de pauvreté et d’intensité de la pauvreté soit le plus faible sur le continent, que ses villes soient les plus sécuritaires du continent, avec des taux de criminalité parmi les plus bas, tout cela n’a pas d’importance à leurs yeux, alors qu’il s’agit de réalisations considérables."
C'est bon de se le rappeler, surtout quand on se plaint qu'on paie plus d'impôt qu'ailleurs :)
http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/...
Il rappelle avec justesse et humour que si nous avons effectivement de sérieuses questions à nous poser sur la balance entre nos choix et nos moyens de nous les offrir, on oublie que ces choix nous ont également apporté beaucoup. Voici un extrait que j'aime beaucoup :
"La droite exhibe à tous vents des palmarès économiques où le Québec fait figure de médiocre, de Tiers-Monde de l’Amérique du nord, de trainards paresseux dépendants d’un État obèse. Obnubilés par les chiffres du produit intérieur brut, elle fait toujours l’impasse sur la réalité sociale.
Que le Québec soit la nation nord-américaine avec le niveau le plus faible d’inégalité sociale, que son taux de pauvreté et d’intensité de la pauvreté soit le plus faible sur le continent, que ses villes soient les plus sécuritaires du continent, avec des taux de criminalité parmi les plus bas, tout cela n’a pas d’importance à leurs yeux, alors qu’il s’agit de réalisations considérables."
C'est bon de se le rappeler, surtout quand on se plaint qu'on paie plus d'impôt qu'ailleurs :)
http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/...
lundi 1 février 2010
Les bonnes intentions
Lisant ce matin un texte de Yves Boisvert (Ref. 1) qui résume une bataille idéologique actuelle entre les conservateurs de Harper et la réalité des drogués de la rue en Colombie-Britannique, je me suis mis à réfléchir sur les bonnes intentions et les objectifs cachés, surtout ces intentions ne sont pas testées avec la réalité du terrain...
Rappelons la situation présentée par Yves Boisvert : un centre de prise de drogue sous supervision (Insite) a ouvert ses portes à Vancouver, afin de limiter les dégâts auprès des drogués et de leur entourage. Seul endroit de ce genre en Amérique du nord, il ne fournit pas de drogues et offre un environnement contrôlé (surveillance médicale, instruments désinfectés, pas d'arrestation policière). Ce centre est dans la mire du gouvernement conservateur, qui a fait fi de la compétence provinciale en matière de santé en interdisant à Insite de continuer ses opérations. La cour d'appel provinciale a obligé le gouvernement Harper à accorder une exemption au centre pour offrir les services, nécéssaires pour sauver des vies.
Ce centre et puis débat en font sursauter plusieurs. Qui peut se dire contre la loi et l'ordre à part quelques anarchistes nostalgiques ? Plusieurs appuient les conservateurs et ne veulent pas que leurs impôts servent à encourager des drogués... Toutefois, lorsqu'on regarde la réalité, on paie déjà très cher pour les drogués.
Parce que ce centre a permis de réduire auprès des drogués les surdoses, les infections, les transmissions de maladies. Il limite également beaucoup de dégâts collatéraux, comme les appels au 911, l'intervention des policiers et services médicaux, l'utilisation et la dispersion de seringues souillées dans l'environnement urbain. Tellement que les autorités (locales, municipales et provinciales) approuvent toutes cette solution et ont constaté que les coûts du centre, d'environ 3 millions étaient couverts par les économies réalisées entre autres par la réduction des interventions médicales et policières.
La question pour les conservateurs est : quel est leur objectif réel ? L'attente d'un résultat final réaliste soit réduire la consommation et les effets négatifs pour le plus grand nombre ? Ou l'apparence d'une bonne action, soit tenter de supprimer la consommation ? En sachant que personne, depuis des milliers d'année, sur toute la planète, n'a jamais réussi à contrôler complètement la consommation de drogue plus que dans des communautés extrêmement limitées dans le temps et l'espace.
Ou, comme le pensent peut-être certains conservateurs et autres bons citoyens en défaveur de cette solution, que ça les arrange de penser que ça ne touche que des gens qui le méritent... On tombe alors dans un des côtés malsains de l'idéologie conservatrice, qui s'approche de l'ancienne règle selon laquelle Dieu et la morale doivent guider nos actes, sinon nous ne méritons pas d'être sauvés... Le problème est que, si on pousse ce raisonnement, on devrait alors également cesser de soigner les drogués lorsqu'ils se présentent aux urgences.
Bref, il faut toujours s'interroger sur la source de nos bonnes intentions, nos convictions sous-jacentes et des objectifs réels poursuivis.Ça nous permet de s'attarder aux coûts et résultats réels des décisions du gouvernement.
Réf no 1 : (À jour 1er fév. 2010) http://www.cyberpresse.ca/...
Rappelons la situation présentée par Yves Boisvert : un centre de prise de drogue sous supervision (Insite) a ouvert ses portes à Vancouver, afin de limiter les dégâts auprès des drogués et de leur entourage. Seul endroit de ce genre en Amérique du nord, il ne fournit pas de drogues et offre un environnement contrôlé (surveillance médicale, instruments désinfectés, pas d'arrestation policière). Ce centre est dans la mire du gouvernement conservateur, qui a fait fi de la compétence provinciale en matière de santé en interdisant à Insite de continuer ses opérations. La cour d'appel provinciale a obligé le gouvernement Harper à accorder une exemption au centre pour offrir les services, nécéssaires pour sauver des vies.
Ce centre et puis débat en font sursauter plusieurs. Qui peut se dire contre la loi et l'ordre à part quelques anarchistes nostalgiques ? Plusieurs appuient les conservateurs et ne veulent pas que leurs impôts servent à encourager des drogués... Toutefois, lorsqu'on regarde la réalité, on paie déjà très cher pour les drogués.
Parce que ce centre a permis de réduire auprès des drogués les surdoses, les infections, les transmissions de maladies. Il limite également beaucoup de dégâts collatéraux, comme les appels au 911, l'intervention des policiers et services médicaux, l'utilisation et la dispersion de seringues souillées dans l'environnement urbain. Tellement que les autorités (locales, municipales et provinciales) approuvent toutes cette solution et ont constaté que les coûts du centre, d'environ 3 millions étaient couverts par les économies réalisées entre autres par la réduction des interventions médicales et policières.
La question pour les conservateurs est : quel est leur objectif réel ? L'attente d'un résultat final réaliste soit réduire la consommation et les effets négatifs pour le plus grand nombre ? Ou l'apparence d'une bonne action, soit tenter de supprimer la consommation ? En sachant que personne, depuis des milliers d'année, sur toute la planète, n'a jamais réussi à contrôler complètement la consommation de drogue plus que dans des communautés extrêmement limitées dans le temps et l'espace.
Ou, comme le pensent peut-être certains conservateurs et autres bons citoyens en défaveur de cette solution, que ça les arrange de penser que ça ne touche que des gens qui le méritent... On tombe alors dans un des côtés malsains de l'idéologie conservatrice, qui s'approche de l'ancienne règle selon laquelle Dieu et la morale doivent guider nos actes, sinon nous ne méritons pas d'être sauvés... Le problème est que, si on pousse ce raisonnement, on devrait alors également cesser de soigner les drogués lorsqu'ils se présentent aux urgences.
Bref, il faut toujours s'interroger sur la source de nos bonnes intentions, nos convictions sous-jacentes et des objectifs réels poursuivis.Ça nous permet de s'attarder aux coûts et résultats réels des décisions du gouvernement.
Réf no 1 : (À jour 1er fév. 2010) http://www.cyberpresse.ca/...
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