samedi 30 octobre 2010

Diversité en danger 1 de 2

Mon billet du 8 mars dernier (voir ici) sur la protection de couloirs naturels entre les habitats, qui se révèlent nécessaires à la survie de plusieurs espèces, m'a fait réfléchir à la diversité dans notre environnement de tous les jours. Je m'en inquiète depuis un bout. Des exemples ?

Les aliments sont le plus souvent transformés, aux ingrédients et traitements semblables au nom de la sécurité alimentaire et surtout des bas coûts :
  • une ou quelques variétés de bananes, de tomates, de lait de vache. 
  • le blé est omniprésent, parlez-en aux personnes allergiques
  • il n'y a plus de gomme sans produits imitant le sucre. Si je n'aime pas l'aspartame, seules les boutiques naturelles peuvent m'aider...
  • sous couvert de diversité de produits, disons 50 sortes de céréales, on retrouve seulement 5 ou 6 fabricants. Faites le test pour la plupart des produits à grande diffusion, vous serez surpris ! (voir la liste des produits de Kellog, de General Mills, elle-même propriété de Nestlé)
  • on ne parle pas juste de survie alimentaire, on parle également de la réduction de diversité dans les goûts... et des effets sur la santé humaine.
Les produits chimiques employés comme nettoyants, solvants, protecteurs, etc. sont en grande partie basés sur le pétrole,
  • produits nettoyants basés sur les mêmes ingrédients, les mêmes parfums, "à succès" ou faciles à produire
  • une économie totalement dépendante au pétrole, mêmes moyens de transport, mêmes plastiques, mêmes ingrédients à la pollution industrielle (article 1)
En horticulture, à la ferme, dans les forêts ou devant nos maisons :
  • la même pelouse verte partout, les arbres tous pareils qui meurent tous en même temps quand une maladie ou un insecte les attaque
  • l'industrie qui finit par nous convaincre que la diversité dans la pelouse est un défaut, alors qu'elle contribue pourtant à réduire l'achat d'engrais et de pesticides (article 2)
  • la monoculture à grande échelle qui semble nuire aux abeilles et exige l'usage des seuls pesticides autorisés par le fabricant des semences OGM
À quand une protection de la diversité dans nos assiettes, nos maisons et nos transports ?

Références :
1. Une liste NON exhaustive des dérivés du pétrole : http://www.pseudo-sciences.org/...
2. Comment le trèfle est devenu une mauvaise herbe (grâce à une campagne de marketing pour un herbicide !): http://montoit.cyberpresse.ca/...

mardi 5 octobre 2010

La barquette rose et le sein gauche...

Il y a quelques semaines, surprise intense au rayon des fruits et légumes de mon épicerie, les champignons, éternels occupants de barquette bleue depuis toujours, sont devenus pour quelques jours les heureux occupants de barquette... rose !

En y regardant de plus près, il s'agit de la campagne contre le cancer du sein. Mon côté bonbon naturel trouve que c'est une bonne idée, avec la "petite gêne" habituelle que je me garde quand il s'agit essentiellement d'une forme de marketing plus ou moins subtil, intéressé, mais qui a le mérite de financer des causes utiles.

Puis, à la maison, quand je découpe les champignons, je m'arrête une seconde quand une idée un peu absurde surgit. Ces barquettes ne sont pas plus recyclables que les bleues. Fabriquées à partir de pétrole, "cheap", contenant peut-être l'un ou plusieurs de ces additifs qui jouent avec nos hormones, vous savez, ceux qui sont accusés de causer le cancer du sein ?

samedi 25 septembre 2010

Le paradoxe de l'essence - un GROS bateau...

En arrivant à l'épicerie, je sursaute lorsqu'un gros "pick-up"démarre soudainement, sans personne dedans. Ah! un démarreur à distance, en été... Le propriétaire s'approche en s'indignant du prix de l'essence à sa femme. "Maudites pétrolières ! pis le gouvernement qui prend des tonnes de taxes là-dessus !"

À chaque montée du prix de l'essence, courriels de dénonciation et lignes ouvertes se font aller. Les gens font combien de kilomètres et la file pendant combien de temps pour sauver 5 ou 7 cents du litre ?

Le gros pick-up du monsieur sans une égratignure, donc il ne s'en sert pas pour recevoir une tonne de chargement comme dans l'annonce, sert peut-être à traîner un bateau. On m'a dit qu'une sortie dans ces gros bateaux peut coûter 100$ par jour. Je suppose que c'est normal de ne pas se soucier du coût de l'essence ou de la pollution engendrée lorsqu'on paie 100 000$ pour un bateau qui servira à faire du wake board, ou, la nouvelle mode, du surf. Vous savez, ces nouveaux bateaux conçus avec de très gros ballasts afin de pouvoir créer une vague artificielle en arrière du bateau, sport plus facile que le ski nautique ou le wake board, et donc mieux adapté aux boomers vieillissants... Mais ces bateaux causent également plus de dommage dans les lacs en raison justement de ces vagues puissantes, mais je m'égare.

Peut-être que ce monsieur doit traîner une roulotte aux États-Unis, là où l'essence est enfin un peu moins chère, et il couchera dans les stationnements des Wal-Mart afin de pouvoir économiser les frais de camping.

Est-ce que le monsieur laisse son moteur tourner une demi-heure l'hiver pour s'assurer qu'il soit bien chaud ? Et roulerait-t-il à 105 au lieu de 120 km/h sur l'autoroute s'il savait qu'il économiserait 15% d'essence pour la même distance ? (voir ces deux articles dans le Devoir et dans la Presse)

Sachant que le coût de l'essence représente seulement 15 à 20% du coût d'utilisation d'une voiture moyenne (voir étude de CAA Québec) pourquoi les gens montent-ils aux barricades pour une augmentation de 10 cents du litre mais continuent de brûler l'essence sans compter ?

dimanche 1 août 2010

Le bio plus cher, prise 2

Je faisais le "plein" de shampoing hier à ma boutique écologique et j'ai réalisé qu'en réutilisant ma bouteille je payais ainsi bien moins cher que si j'achetais une nouvelle bouteille à la pharmacie. D'accord, ma bouteille est petite, mais 2$ pour 200 ml, avouez que ce n'est pas un coût excessif pour un shampoing doux pour mes cheveux et encore plus pour l'environnement.

Le paradigme bio = cher est bien implanté, même chez les défenseurs du bio (1). En fait, différentes études suggèrent au contraire que le bio, à moyen et long terme, peut coûter le même coût que le standard industriel, par exemple en agriculture (2). Pourquoi coûte-t-il alors plus cher ? Les fabricants profitent parfois de subventions, voir par exemple le maïs aux États-Unis - note (3), mais ils profitent surtout du partage des coûts indirects. Autrement dit, les coûts des produits "normaux" sont anormalement bas afin de mousser les ventes, si je peux me permettre ce jeu de mot, et les autres coûts sont refilés à toute la société, par nos impôts et taxes.

Un exemple, il est reconnu que les pesticides augmentent le risque de cancer et l'infertilité des agriculteurs (4) -sans compter les consommateurs, même si les études sont mises en doute par plusieurs. Votre produit bio évite ces coûts, le produit non bio vous les refile, quelques années plus tard, par exemple sous forme d'impôt destiné au soins de santé pour traiter infertilités et cancers accrus. Par exemple, la nouvelle loi québécoise qui rembourse maintenant la procréation assistée coûtera plusieurs dizaines de millions chaque année. Quelle part de cette infertilité, grandissante dans toutes les sociétés industrialisées, provient des pesticides ?

Parce qu'elle est difficile à mesurer ne veut pas dire qu'il n'est pas le temps de se poser des questions. Il est surtout temps de remettre en question que bio = cher. Le bio est souvent moins cher dès qu'on calcule plus loin que notre porte-feuille immédiat.


1. Bio = cher bien résumé par Marie-Claude Lortie dans la Presse :
http://blogues.cyberpresse.ca/lortie/2010/07/26/le-bio-et-le-pas-cher/
2. Comparatifs rendement agriculture bio contre non bio :
http://www.delaplanete.org/L-agriculture-biologique...
et http://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_biologique...
3. Subventions USA au maïs : entre 2 et 10 milliard par an ! http://farm.ewg.org/...
4.Études/références effets pesticides http://www.pesticides-etudes.mdrgf.org/...
et http://www.invs.sante.fr/surveillance/pesticides/...

mardi 22 juin 2010

Coûts du bio, coûts de la vie

Je repensais à ce que j'entends de temps à autre à propos des coûts élevés des aliments et produits biologiques ou écologiques, que ce soit à l'épicerie, à la quincaillerie ou à la pharmacie. Eh oui, on en trouve partout maintenant !

Mais revenons à cette histoire de coût... Si le phénomène "offre et demande" semble une cause logique, je crois que souvent, ce sont les produits industriels qui ne sont pas assez chers.

Subventionnés artificiellement par de l'aide agricole ou commerciale ou encore des règles environnementales laxistes, les distributeurs, comme les fabricants, refilent les coûts réels de décontamination, de santé ou de baisse de bio-diversité aux générations futures (ex. antibiotiques dans la viande, engrais chimiques, pesticides). Certains cyniques disent que les vrais capitalistes glissent vers un modèle où ils capitalisent les profits mais socialisent les coûts, le sauvetage des banques et la catastrophe de BP leur donneront-ils raison ?

Quant aux consommateurs sont-ils vraiment des victimes innocentes ? Qui peut savoir pour le chandail à 5$ fait en Inde ? Est-il fait dans un coton qu'on a fait pousser dans une mer de pesticide ? A-t-il été assemblé par un enfant de 8 ans ? Et qui ose le demander ?

lundi 8 mars 2010

Protéger la biodiversité par des couloirs naturels

La chronique environnement de François Cardinal parlait cette semaine (6 mars 2010) des effets de la fragmentation des écosystèmes, qui serait l'une des principales causes de régression de la biodiversité dans le monde.

http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/francois-cardinal/201003/05/01-4257704-faire-fausse-route.php

Il y explique que les routes (celles destinées aux automobiles) ont un effet dévastateur sur la biodiversité parce qu'elles morcellent les habitats et empêchent les animaux de se déplacer d'une zone à l'autre. Ceci nuit grandement aux animaux qui ont besoin de pouvoir se déplacer pour se reproduire, se nourrir, se protéger. Sans compter que la perte d'habitat vient parfois les isoler complètement dans un territoire trop petit pour y survivre. Or, il suffirait parfois de quelques bandes de végétation, de couloirs naturels pour relier ces zones naturelles et ainsi protéger et favoriser la bio-diversité.

Ceci a été expliqué dans une étude publiée en mars dans la revue Ecology Letters par Andrew Gonzalez, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la biodiversité. Il est également biologiste à l'Université McGill, et dirige le Centre de la science de la biodiversité du Québec.

L'équipe du Dr Gonzalez a étudié la mobilité de micro-organismes dans des tapis de mousse, comme s'ils se trouvaient dans de minuscules forêts tropicales. Lorsque l'habitat microscopique était fragmenté, les organismes qui peuplaient la mousse disparaissaient. Lorsque que des corridors étaient laissés intacts, ils se multipliaient.

C'est fascinant de voir que les systèmes naturels sont très flexibles et permettent une très grande utilisation en autant qu'on ne descend pas en dessous d'un certain seuil. Rassurant pour le futur, si on se décide enfin à ne pas vouloir constamment dépasser ce seuil au nom du profit à court terme.

Ce profit à court terme est omni-présent et ce sont souvent "les autres" qui s'y adonnent. Mais posons-nous la question collectivement : qui est prêt à payer plus cher de taxes et d'impôt pour la création de couloirs ? Tout dépend du prix à payer tout de suite. Comment convaincre les gens ? Découvrir ce qu'il va en coûter plus tard de NE PAS LE FAIRE...

vendredi 5 mars 2010

Les choses qui énervent à l'épicerie

J'ai bien apprécié le billet de Jean-SebastienTrudel sur son blog La prochaine évolution industrielle
Il y mentionne les trois choses qui l'agacent à l'épicerie : quand la provenance du produit n'est pas claire, quand il y a plus de 6 ingrédients dans un produit transformé et quand un produit biologique est plus cher que le produit comparable.

En écrivant un commentaire sur son blogue sur ce qui m'agaçait le plus de mon côté, j'en ai trouvé trois autres :
  1. Je déteste ne trouver que de l'ail chinois à l'épicerie - est-ce que ça coûterait tellement plus cher pour du local pour de l'ail à 50c le bulbe ?
  2. J'haïs voir toutes ces marques avec les mêmes ingrédients, et parfois avec le même propriétaire. Ou des formats pour mélanger les gens. Exemples : le serviettes sanitaires, ou qu'il n'y a plus moyen de trouver de la gomme sans aspartame depuis qu'Adams a toutes les gommes ou presque.
  3. Finalement, l'obsession sécurité qui favorise encore plus le suremballage, le Purell, les caméras et les barrières partout.
Et vous ??

    lundi 22 février 2010

    Achat local - presser le citron ou en prendre soin ?

    Une étude de l’Institut économique de Montréal (IEDM) conclut que l’achat local ne serait pas aussi bon que prétendu pour l’environnement. L'IEDM semble conclure, entre autres, que l'agriculture industrielle serait beaucoup plus efficace en terme d'utilisation des terres et "intrants" (eau, machinerie, fertilisants, etc.)
    Un résumé de l'étude est accessible à : http://www.iedm.org/uploaded/pdf/note0210_fr.pdf

    Mme Cécile Gladel répond à plusieurs arguments des auteurs sur son blogue :
    http://cecilegladel.wordpress.com/2010/02/19/lachat-local-est-bel-et-bien-une-solution-pour-lenvironnement/

    J'aimerais ajouter que j'ai sursauté à cette phrase : "un hectare de terre californienne donne plus de 50 000 kg de fraises, en comparaison de 7000 à 10 000 en Ontario." Ça ne vous inquiète pas, vous, qu'on puisse faire produire à la terre 5 à 7 fois plus aux USA qu'au Canada ? Moi oui ! À force de presser un citron (pensez aux employés ou aux autos !) celui-ci finit par tomber en panne ou faire une dépression, et il n'est plus du tout productif pour une très très longue période de temps...

    Un des rares points où je joins un peu la pensée des auteurs du rapport est que l'achat local devrait être l'un des outils utilisés dans une perspective globale, pas devenir une politique coercitive.

    Pour terminer, l'argument de la division des achats locaux qui génèrent beaucoup de gaz à effet de serres est vraiment mal cerné. Parce que les tenants de l'achat local dans une perspective écologique font souvent leurs achats à vélo ou à pied, ont des voitures à faible consommation, planifient leurs déplacements, et SURTOUT questionnent et/ou limitent leur consommation générale. Tandis que les tenants de l'achat à bas prix (industriel et/ou importé) vont faire plusieurs magasins ou de longues distances dans une grosse voiture pour trouver le gogosse en spécial et font beaucoup plus d'achat inutile.

    mardi 9 février 2010

    Trafic

    Ce soir, prise dans le trafic, congestion monstre (environ 1h30 pour faire 5 kilomètres). J'étais dans ma voiture, entourée de tous ces gens "pognés dans l'trafic" comme moi, la plupart seuls dans leur voiture, comme moi.

    J'ai une bonne raison d'être seule dans ma voiture, je travaille souvent depuis la maison, mes horaires sont variables, et je dois me déplacer quelques fois chez des clients. L'avantage de ce type d'horaire est que je réussis à éviter assez souvent les heures de pointes. Mais tous ces autres, qui vont et viennent à peu près aux mêmes heures, par milliers avec leurs semblables, comment font-ils pour faire ça tous les jours ? Deux, trois heures chaque jour ?

    Puis j'ai repensé à ce sondage qui m'avait beaucoup déprimée, où les personnes sondées disaient préférer le trafic au ménage. S'ils préfèrent 1 heure à avancer à pas de tortue qu'à 1 heure de ménage, pas étonnant qu'ils aiment mieux être seuls dans leur auto que d'être dans un autobus avec des inconnus qui les dérangent.

    On n'est donc pas sortis de la congestion avec ce réflexe des conducteurs québécois. Et puis, si moi je me trouve de bonnes raisons pour ne pas pouvoir prendre l'autobus ou co-voiturer, je suppose que tous ceux qui m'entourent eux aussi se trouvent de bonnes raisons !

    dimanche 7 février 2010

    Choix de société, un beau rappel

    Jean-François Lisée, dans son blogue du 6 décembre dernier (je viens de faire le lien avec les 20 ans du drame de Polytechnique) fait un beau constat de nos choix de société, qui semblent très discutables selon certains.

    Il rappelle avec justesse et humour que si nous avons effectivement de sérieuses questions à nous poser sur la balance entre nos choix et nos moyens de nous les offrir, on oublie que ces choix nous ont également apporté beaucoup. Voici un extrait que j'aime beaucoup :

    "La droite exhibe à tous vents des palmarès économiques où le Québec fait figure de médiocre, de Tiers-Monde de l’Amérique du nord, de trainards paresseux dépendants d’un État obèse. Obnubilés par les chiffres du produit intérieur brut, elle fait toujours l’impasse sur la réalité sociale.

    Que le Québec soit la nation nord-américaine avec le niveau le plus faible d’inégalité sociale, que son taux de pauvreté et d’intensité de la pauvreté soit le plus faible sur le continent, que ses villes soient les plus sécuritaires du continent, avec des taux de criminalité parmi les plus bas, tout cela n’a pas d’importance à leurs yeux, alors qu’il s’agit de réalisations considérables."

    C'est bon de se le rappeler, surtout quand on se plaint qu'on paie plus d'impôt qu'ailleurs :)
    http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/...

    lundi 1 février 2010

    Les bonnes intentions

    Lisant ce matin un texte de Yves Boisvert (Ref. 1) qui résume une bataille idéologique actuelle entre les conservateurs de Harper et la réalité des drogués de la rue en Colombie-Britannique, je me suis mis à réfléchir sur les bonnes intentions et les objectifs cachés, surtout ces intentions ne sont pas testées avec la réalité du terrain...

    Rappelons la situation présentée par Yves Boisvert : un centre de prise de drogue sous supervision (Insite) a ouvert ses portes à Vancouver, afin de limiter les dégâts auprès des drogués et de leur entourage. Seul endroit de ce genre en Amérique du nord, il ne fournit pas de drogues et offre un environnement contrôlé (surveillance médicale, instruments désinfectés, pas d'arrestation policière). Ce centre est dans la mire du gouvernement conservateur, qui a fait fi de la compétence provinciale en matière de santé en interdisant à Insite de continuer ses opérations. La cour d'appel provinciale a obligé le gouvernement Harper à accorder une exemption au centre pour offrir les services, nécéssaires pour sauver des vies.

    Ce centre et puis débat en font sursauter plusieurs. Qui peut se dire contre la loi et l'ordre à part quelques anarchistes nostalgiques ? Plusieurs appuient les conservateurs et ne veulent pas que leurs impôts servent à encourager des drogués... Toutefois, lorsqu'on regarde la réalité, on paie déjà très cher pour les drogués.

    Parce que ce centre a permis de réduire auprès des drogués les surdoses, les infections, les transmissions de maladies. Il limite également beaucoup de dégâts collatéraux, comme les appels au 911, l'intervention des policiers et services médicaux, l'utilisation et la dispersion de seringues souillées dans l'environnement urbain. Tellement que les autorités (locales, municipales et provinciales) approuvent toutes cette solution et ont constaté que les coûts du centre, d'environ 3 millions étaient couverts par les économies réalisées entre autres par la réduction des interventions médicales et policières.

    La question pour les conservateurs est : quel est leur objectif réel ? L'attente d'un résultat final réaliste soit réduire la consommation et les effets négatifs pour le plus grand nombre ? Ou l'apparence d'une bonne action, soit tenter de supprimer la consommation ? En sachant que personne, depuis des milliers d'année, sur toute la planète, n'a jamais réussi à contrôler complètement la consommation de drogue plus que dans des communautés extrêmement limitées dans le temps et l'espace.

    Ou, comme le pensent peut-être certains conservateurs et autres bons citoyens en défaveur de cette solution, que ça les arrange de penser que ça ne touche que des gens qui le méritent... On tombe alors dans un des côtés malsains de l'idéologie conservatrice, qui s'approche de l'ancienne règle selon laquelle Dieu et la morale doivent guider nos actes, sinon nous ne méritons pas d'être sauvés... Le problème est que, si on pousse ce raisonnement, on devrait alors également cesser de soigner les drogués lorsqu'ils se présentent aux urgences.

    Bref, il faut toujours s'interroger sur la source de nos bonnes intentions, nos convictions sous-jacentes et des objectifs réels poursuivis.Ça nous permet de s'attarder aux coûts et résultats réels des décisions du gouvernement.

    Réf no 1 : (À jour 1er fév. 2010) http://www.cyberpresse.ca/...

    vendredi 15 janvier 2010

    Haïti et dons

    Le sentiment d'impuissance est grand. Alors on pense, on ressent, on fait un don, et on écrit.

    Parlant de dons, les cartes de crédit font plus de profit lors des malheurs parce que le don en ligne devient la norme. Parce que les cartes de crédit continuent de facturer quelques pourcents de toutes les transactions, même celles visant à aider lors de catastrophes comme Haïti.

    Au moins, American Express et Visa ont su calculer qu'en étant les premiers à l'annoncer, ils se feraient une bonne publicité de ces frais de transaction en exemptant les dons en ligne lorsque faits à des organismes qu'ils reconnaissent...

    Haïti. le preacher et le pacte avec le diable

    Développement durable et Haïti, les antipodes non ?

    Un bel exemple de la folie des hommes, quand un preacher états-uniens de droite (non je ne ré-écrirai pas son nom, j'essaie de l'oublier...) s'en va affirmer que les malheurs d'Haïti viennent d'un pacte signé avec le diable il y a fort longtemps pour obtenir leur indépendance ?

    Ce serait presque drôle si ce n'était des horribles circonstances et si ces fabulateurs n'étaient pas suivis par des milliers de fidèles. Anecdote : je me souviens que malgré leurs appels à Dieu pour de la mauvaise température lors d'une convention démocrate, il y a fait très beau, mais il a plu des cordes lors de leur convention républicaine. On n'en a pas entendu parler par la suite, c'est sûr...

    On peut en conclure que la malédiction divine en est une lorsqu'elle fait leur affaire, il me semblait aussi...C'est peut-être tout le problème de la religion appliquée en remplacement du cerveau : certains arrêtent de réfléchir pour se mettre à croire, sans voir à quel point ils croient ce qui les arrange. Du réchauffement climatique à Haïti, on n'est pas sorti du trou.

    lundi 11 janvier 2010

    Climate Gate

    On n'en parle presque plus depuis les fêtes, mais je voulais revenir là-dessus. Rappelons brièvement le "Climate Gate" : des gens qui ne croient  visiblement pas au réchauffement planétaire ont piraté le serveur du Climate Research Unit (CRU) de l'Université d'East Anglia en Grande-Bretagne et mis en ligne des centaines de documents et de courriels privés (environ 1000 courriels et 3000 documents dont certains datent d'il y a 10 ans.)

    Sur ce millier de courriels, SEULEMENT DEUX ont été utilisés à large échelle chez tous les anti-réchauffement. Quelques dizaines d'autres ont parfois été mentionnés, surtout sur les blogues. C'est déjà un indice à quel point il y avait là peu de matière pour les pirates... Imaginez qu'une personne qui vous en veut fouille dix ans de courriels dans votre équipe. Si elle trouve seulement 2 courriels là-dedans pour vous nuire, je vous considère chanceux !

    Un petit vidéo montre à la fois le dérapage de la nouvelle tout en fournissant plusieurs informations intéressantes : http://www.youtube.com/watch?v=7nnVQ2fROOg

    Wikipédia pour un tour d'horizon  : http://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_des_emails_du_Climatic_Research_Unit

    Ça me déprime de voir à quel point tant de monde s'est jeté sur cette nouvelle parce qu'elle appuie leurs convictions à court terme. L'état actuel des sciences ne permet peut-être pas d'être complètement certain du changement de climat et de son origine humaine. Comparez maintenant avec l'existence de Dieu, par exemple, ce qui n'empêche pas 85% de la population mondiale de croire en une divinité ou plusieurs :)

    Bref, voici un bel exemple où l'émotif a dépassé le rationnel. Il serait bon que les scientifiques en tiennent un peu plus compte, et qu'on prenne plus de temps pour expliquer à un maximum de personnes la science sous toutes ses formes.