lundi 1 février 2010

Les bonnes intentions

Lisant ce matin un texte de Yves Boisvert (Ref. 1) qui résume une bataille idéologique actuelle entre les conservateurs de Harper et la réalité des drogués de la rue en Colombie-Britannique, je me suis mis à réfléchir sur les bonnes intentions et les objectifs cachés, surtout ces intentions ne sont pas testées avec la réalité du terrain...

Rappelons la situation présentée par Yves Boisvert : un centre de prise de drogue sous supervision (Insite) a ouvert ses portes à Vancouver, afin de limiter les dégâts auprès des drogués et de leur entourage. Seul endroit de ce genre en Amérique du nord, il ne fournit pas de drogues et offre un environnement contrôlé (surveillance médicale, instruments désinfectés, pas d'arrestation policière). Ce centre est dans la mire du gouvernement conservateur, qui a fait fi de la compétence provinciale en matière de santé en interdisant à Insite de continuer ses opérations. La cour d'appel provinciale a obligé le gouvernement Harper à accorder une exemption au centre pour offrir les services, nécéssaires pour sauver des vies.

Ce centre et puis débat en font sursauter plusieurs. Qui peut se dire contre la loi et l'ordre à part quelques anarchistes nostalgiques ? Plusieurs appuient les conservateurs et ne veulent pas que leurs impôts servent à encourager des drogués... Toutefois, lorsqu'on regarde la réalité, on paie déjà très cher pour les drogués.

Parce que ce centre a permis de réduire auprès des drogués les surdoses, les infections, les transmissions de maladies. Il limite également beaucoup de dégâts collatéraux, comme les appels au 911, l'intervention des policiers et services médicaux, l'utilisation et la dispersion de seringues souillées dans l'environnement urbain. Tellement que les autorités (locales, municipales et provinciales) approuvent toutes cette solution et ont constaté que les coûts du centre, d'environ 3 millions étaient couverts par les économies réalisées entre autres par la réduction des interventions médicales et policières.

La question pour les conservateurs est : quel est leur objectif réel ? L'attente d'un résultat final réaliste soit réduire la consommation et les effets négatifs pour le plus grand nombre ? Ou l'apparence d'une bonne action, soit tenter de supprimer la consommation ? En sachant que personne, depuis des milliers d'année, sur toute la planète, n'a jamais réussi à contrôler complètement la consommation de drogue plus que dans des communautés extrêmement limitées dans le temps et l'espace.

Ou, comme le pensent peut-être certains conservateurs et autres bons citoyens en défaveur de cette solution, que ça les arrange de penser que ça ne touche que des gens qui le méritent... On tombe alors dans un des côtés malsains de l'idéologie conservatrice, qui s'approche de l'ancienne règle selon laquelle Dieu et la morale doivent guider nos actes, sinon nous ne méritons pas d'être sauvés... Le problème est que, si on pousse ce raisonnement, on devrait alors également cesser de soigner les drogués lorsqu'ils se présentent aux urgences.

Bref, il faut toujours s'interroger sur la source de nos bonnes intentions, nos convictions sous-jacentes et des objectifs réels poursuivis.Ça nous permet de s'attarder aux coûts et résultats réels des décisions du gouvernement.

Réf no 1 : (À jour 1er fév. 2010) http://www.cyberpresse.ca/...

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